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Blogue 1 - Favoriser la participation sociale des aînés
Favoriser la participation sociale des aînés est une condition essentielle pour préserver leur dignité, leur autonomie et leur pouvoir d’agir. Pourtant, le système actuel ne répond pas à cette aspiration fondamentale. Selon, les données du sondage Segma commandé par la CDA en janvier 2025, à peine 50,3 % des Québécois croient pouvoir vieillir dignement chez eux avec les ressources disponibles, tandis que plus de 4 Québécois sur 10 (42,1 %) pensent
qu’ils n’y parviendront pas.
Ce constat est préoccupant : le maintien à domicile, pourtant souhaité par la majorité, n’est pas perçu comme une option sécurisée et viable. Derrière cette insécurité se cache aussi une réalité trop souvent invisible : l’isolement social. Privées de soutien, d’information ou de moyens pour demeurer actives dans leur communauté, de nombreuses personnes aînées voient leur univers se rétrécir, leur autonomie fragilisée et, ultimement, leur dignité menacée.
L’isolement n’est pas une fatalité, mais le symptôme d’un manque de liens, de
reconnaissance et d’accompagnement. Les obstacles sont multiples (problèmes de santé, limitations fonctionnelles, manque de transport, contraintes financières ou méconnaissance des ressources), mais leurs effets convergent vers une même conséquence : l’exclusion progressive de la vie sociale. Or, vieillir dignement ne se résume pas à recevoir des soins, mais à continuer d’exister pleinement dans sa communauté, à maintenir des relations significatives et à participer à la vie collective. C’est précisément là que le soutien communautaire et l’engagement bénévole deviennent des leviers puissants de transformation.
Le programme APIC (Accompagnement-citoyen personnalisé d’intégration
communautaire), déployé en Estrie, incarne cette réponse humaine et structurante. En offrant un accompagnement individualisé par des bénévoles formés et supervisés, il permet à chaque personne aînée de renouer avec sa communauté, à son rythme et selon ses intérêts. Ces rencontres hebdomadaires ne sont pas de simples activités : elles recréent un filet social, restaurent la confiance, brisent l’isolement et redonnent un sentiment d’appartenance. Le bénévole devient un pont entre la personne et son milieu de vie, facilitant l’accès aux ressources, soutenant la mobilité et ravivant la capacité d’agir.
Plus qu’un programme, l’APIC démontre qu’une communauté mobilisée peut devenir un pilier du vieillissement digne. Il illustre concrètement que la dignité se construit dans la relation, la présence et la reconnaissance. En misant sur la force du lien humain et sur l’engagement citoyen, cette approche contribue à améliorer la santé, le bien-être et la participation sociale des aînés, tout en renforçant la solidarité collective. Ce panel mettra en lumière les retombées tangibles de cette intervention innovante, ses conditions de succès et son potentiel de déploiement à plus grande échelle. Car favoriser la participation
sociale des aînés, ce n’est pas seulement améliorer leur qualité de vie : c’est affirmer, comme société, que chaque personne compte, à chaque étape de sa vie.
Blogue 2 - Innover en maintien à domicile
Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population et de pénurie de logements accessibles et abordables, il devient impératif de repenser nos façons d’habiter. Partout, des modèles novateurs émergent pour répondre aux réalités des aînés (isolement, perte d’autonomie, éloignement des services) en misant sur la proximité, l’entraide et la vitalité du lien social.
Les milieux de vie plurigénérationnels s’imposent comme une solution particulièrement porteuse. Ancrés dans des complexes d’habitation pour aînés, ils reposent sur une vision forte : ouvrir ces lieux sur leur communauté. En favorisant les rencontres, la participation et la solidarité entre les générations, ils offrent à la fois un environnement sécuritaire et adapté, et un cadre de vie riche de sens et de relations.
Au quotidien, ces milieux créent les conditions d’une entraide naturelle et d’un véritable sentiment d’appartenance. Les espaces partagés deviennent des carrefours vivants où chacun contribue selon ses forces. Au Quartier des générations, à Montréal, par exemple, des activités comme l’aide aux devoirs permettent aux aînés de transmettre leurs connaissances, de briser l’isolement et de jouer un rôle actif auprès des plus jeunes. Ces interactions, simples mais structurantes, tissent des liens durables et renforcent la cohésion du quartier.
Ce modèle s’inscrit pleinement dans les orientations gouvernementales visant à créer des environnements favorables au vieillissement et à soutenir la participation sociale des aînés. Il répond à la fois à des besoins concrets en habitation et à une aspiration collective : bâtir des communautés plus solidaires, inclusives et humaines. Son potentiel transformateur est réel : encore faut-il le faire connaître et le déployer à plus grande échelle.
Le premier panel met en lumière le Quartier des générations, dans Ahuntsic, un projet emblématique qui réinvente l’habitation à l’ère du vieillissement collectif. En réunissant des aînés aux profils divers, des espaces ouverts sur la communauté et une programmation riche d’activités sociales et culturelles, il incarne une vision renouvelée du vivre-ensemble, où chaque génération contribue activement au bien commun.
Par ailleurs, les données du sondage Segma commandé par la CDA en janvier 2025 sont sans équivoque : la population rejette massivement l’institutionnalisation. À peine 3,7 % des personnes souhaitent vieillir en CHSLD ou en Maison des aînés. À l’inverse, les milieux de vie alternatifs sont largement privilégiés, notamment les maisons intergénérationnelles (46,6 %) et les résidences privées pour aînés (35,2 %). Ce constat confirme l’urgence d’accélérer le développement de modèles d’habitation qui favorisent l’autonomie, l’ancrage dans la communauté et la dignité des personnes aînées.
Blogue 3 - Repenser le vivre ensemble intergénérationnel
Le soutien à domicile s’impose aujourd’hui comme une exigence sociétale et un droit fondamental. Selon le sondage Segma commandé par la CDA en janvier 2025, près de 80 % de la population estime que les aînés devraient pouvoir recevoir des soins et des services à domicile, peu importe leur lieu de résidence, et 75 % souhaitent que ce droit soit inscrit dans la loi. Le message est sans équivoque : le soutien à domicile n’est pas un service accessoire, mais une condition essentielle de la dignité, de l’autonomie et du respect des personnes aînées.
Pourtant, malgré ce consensus, les réalités vécues demeurent profondément inégales. Logement, accès aux soins, aide à domicile, mobilité : ces enjeux prennent des formes différentes selon les territoires, avec une acuité particulière en milieu rural, où la rareté des services, les distances et la fragilité des ressources accentuent les vulnérabilités. Répondre à ces défis ne peut passer par des solutions uniformes. Cela exige des approches ancrées dans les réalités locales, coconstruites avec les aînés, leurs proches et les acteurs du milieu, afin de tenir compte des forces, des contraintes et des dynamiques propres à chaque communauté.
La recherche-action constitue à cet égard une voie particulièrement prometteuse. En plaçant les personnes aînées et les intervenants au cœur de la réflexion et de l’action, elle permet de concevoir des réponses adaptées, durables et enracinées dans l’expérience vécue. Cette approche mobilise les savoirs locaux, renforce le pouvoir d’agir des communautés et transforme concrètement l’offre de services.
C’est précisément l’ambition de la démarche Bien vieillir chez soi dans le Bas-Saint-Laurent, mise en lumière lors du troisième panel du Forum CDA. Elle vise à permettre aux aînés de demeurer le plus longtemps possible à domicile en innovant et en adaptant l’offre de services à leurs réalités. Pour y parvenir, elle cherche à améliorer et à transformer les services institutionnels, municipaux et communautaires en les décentralisant, en les arrimant et en les ajustant grâce à la mobilisation des communautés et des personnes aînées elles-mêmes.
La démarche régionale déploie ainsi huit projets de recherche-action innovants, coconstruits avec des personnes aînées, des proches aidantes, des chercheuses et des organisations du territoire. Ces projets adaptent et bonifient les services dans les milieux de vie tout en produisant des connaissances réinvesties au bénéfice du territoire. Ils démontrent que la coconstruction avec les aînés et les acteurs du terrain est non seulement
possible, mais essentielle pour bâtir des solutions à la hauteur de leurs droits, de leurs attentes et de leur dignité.
Le panel abordera notamment l’une de ces initiatives, Adaptons le domicile, qui porte sur les défis liés à l’adaptation de la salle de bain. De nombreuses personnes aînées et leurs proches éprouvent des difficultés à choisir des équipements adaptés à leurs incapacités et à leur environnement, faute d’informations et de ressources accessibles. Le recours à des technologies numériques innovantes, comme Hygiène 2.0 et MapIt, vise à faciliter cette démarche d’adaptation domiciliaire au Bas-Saint-Laurent. Cette recherche-action a pour objectif de coconstruire et d’implanter des outils d’aide à la décision et de transfert de connaissances utiles aux aînés, aux partenaires intersectoriels et aux programmes gouvernementaux québécois.
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